Elle enfile son air de rien, son je m'en foutisme quasi-permanent et elle s'en va habillée d'un rien, cheveux au vent, pas même coiffés . Elle court s'amuser de ce monde, ce théatre et d'orgueil et d'erreur, pleins d'infortunés parlant de pseudo malheur . Elle est trop souvent réfractaire, à tout et à n'importe quoi, à n'importe quoi surtout . Elle ne rentrera jamais dans les rangs, sa folie l'excusant . Politiquement incorrecte, socialement insociable, sentimentalement insaisissable, elle a la tête pleine de pourquoi pas . Elle n'a jamais la tête à rien, jamais de réponses potables, désirables . Et elle rit à la gueule de chacuns des passants pour l'avoir trop jugé, mal jugé et le sourire désaprobateur en coin . Pourtant, elle a disjoncté pour un oui ou pour un con et elle l'embrasse sans aucune retenue, fidèle à sa désinvolture naturelle, chaque fois . Elle se serre à son coeur, pour pardonner ses erreurs, des erreurs dont elle se fiche, comme des Dieux . Car non, elle ne croit en rien . Ensemble, ils trompent leur incertitude et leurs regrets, ils défient ainsi et l'univers et le temps . Se suffisant l'un à l'autre, ils réalisent l'absolu d'un amour bourré de vices, d'imperfections . Et merde ! - se dit-elle - de toute façon tout est provisoire, l'amour, l'art, lui, moi.... nous .